La malédiction de la Marlagne (mon 1er conte)

La malédiction de la Marlagne (mon 1er conte)
L'histoire que je vais vous conter s'est passée il y a longtemps... dans un temps oublié des hommes...
En un lieu où l'on croit encore au sorcières, fées, mages et autres créatures ... Bien sûr on ne croise pas, à chaque coin de rue, une sorcière ricanante, un nuton facétieux ou encore un sombre magicien...
Non...
Le jour, tout semble normal...
La vie s'écoule au rythme des saisons... comme partout ailleurs...
Mais, la nuit...
Nul, le soir venu, ne met le nez dehors sans porter sur lui qui une croix, qui un talisman, qui une antique amulette. Les femmes et les enfants, les filles surtout, restent confinés au coin de l'âtre dont la lumière et la chaleur bienfaisante réconfortent. Les bêtes, elles-mêmes, demeurent coites dans les étables ou les fenils.
Tous, semblent figés... redoutant mais attendant tout à la fois...
A chaque retour de la lune pleine, les volets se closent encore plus fermement. Et derrière les portes soigneusement barricadées, les familles bouchent le moindre interstice. Seul le trou de la cheminée reste béant... mais le feu bien attisé empêcherait, qui ou quoi que ce soit, d'entrer !
Cela fait maintenant sept ans, que chaque nuit de pleine lune, le village semble mort... Pas une lumière, pas un bruit si ce n'est le chuchotement des vieilles en prière, pas un mouvement hors les fumées s'élevant en ondulant...
Rien... Depuis que « celle-là » a lancé sur chaque famille du village, sa malédiction... « Celle-là », dont ils n'osent même plus dire le nom... « Celle-là » qui, chaque nuit, hante leurs rêves...
« Celle-là », c'est... ou plutôt c'était « La Jeanne »... la « vieille » Jeanne
Nul n'aurait pus dire son âge... Mais pour tous, elle avait toujours été vieille... Elle vivait à l'écart du village, à l'orée de la forêt de la Marlagne, la forêt sacrée, dans une modeste cabane dont le toit éventré par endroit, laissait échapper les chaumes à la moindre bourrasque. Elle ne descendait presque jamais au village, préférant la compagnie des animaux de la forêt à celle de ses semblables. « Depuis que la mort noire avait emporté son époux et ses enfants.. . Elle avait, disait-on au village, perdu la raison... »
Pourtant, elle s'y connaissait en remèdes. Pour chaque mal, elle savait les plantes dont elle fabriquait potions, tisanes ou onguents. De nombreux villageois avaient eu recours à ses services... La veille, encore, elle avait sauvé des fièvres la petite Amélie, la fille de 9 ans du Meunier, avec une potion à base de sauge... « La Jeanne, elle a le don, disait-on » « C'est une sorcière », chuchotait-on dans l'entourage de l'apothicaire que Jeanne et ses tisanes dérangeaient.
Or, le lendemain, un moine vint au village... Personne ne l'avait vu arriver... Sur le chemin venant de la vallée, personne ne l'avait croisé... Tout à coup... il fut là.... Sa silhouette d'épouvantail efflanqué aurait pu faire rire, si ses étranges yeux jaunes, luisant au fond de son capuchon noir, n'avaient été si effrayants... Il restait là... Planté au milieu du village... Silencieux...
Petit à petit, les villageois s'approchèrent intrigués.... Cet étrange moine dégageait une odeur écoeurante ... indéfinissable... qui pourtant rappelait...
Soudain, il se mit à parler, sa voix, comme venue d'outre-tombe, glaça les sangs...
« Mes frères... la Bête est revenue... La Mort Noire rôde... La peste ravage la région... » Quelques-uns se signèrent, les mères serrèrent leurs enfants tout contre elles, un bébé se mit à pleurer...
La peste ... La peste était de retour ! Ses derniers ravages étaient encore dans toutes les mémoires. Pas une seule famille n'avait été épargnée...
La mémoire, tout à coup, leur revint... cette odeur amenée par le moine... cette odeur... Cette odeur mêlée de peur et de mort... l'odeur de la Mort Noire.
Les femmes, leurs enfants accrochés à elles tentaient d'entraîner leurs époux... « Il faut partir ! » cria l'un. « A quoi bon ? » répondit l'autre. « La peste est partout ! »
« Mes frères, il faut vous repentir, reprit le moine, chassez le Malin qui vit au milieu de vous ! Et votre village sera peut-être épargné ! » Tous se figèrent... Puis un cri : « Oui, c'est cela... Chassons le Malin ! » Puis un autre : « Mais... comment... Où ? »
« Brûlez la sorcière !... Brûlez-là ! C'est-elle ! » vociféra le moine.
« Une sorcière... ici... chez nous ? » « C'est impossible, voyons »
« Si, la vieille Jeanne ! lança l'apothicaire, il ne peut s'agir que d'elle ! »
« Non, non, se mit à crier la jeune Amélie, Jeanne n'est pas une sorcière ! Elle m'a guéri ! Et toi aussi, bûcheron, elle t'a soigné lorsque tu t'es blessé avec ta cognée ! Et toi, blanchisseuse, elle t'a sauvée quand tu as failli y passer en mettant ton fils au monde ! »
Les villageois hésitèrent. C'est vrai qu'elle les avait presque tous soignés un jour ou l'autre... « Mais, justement, ce don.... Il ne peut venir que du Malin ! » reprit l'apothicaire
« Il faut la brûler ! » hurlait le moine...
« Oui !... A mort la sorcière ! Au bûcher ! Au bûcher ! » haranguait l'apothicaire !
«Non ! Non ! » hurla Amélie « Jeanne, Jeanne, sauve-toi ! » Mais ses cris se perdirent dans les hurlements des villageois déchaînés...
Ils se lancèrent, hurlants et menaçants, sur le sentier menant à la cabane de Jeanne qui, surprise dans sa cueillette de plantes pour ses remèdes, se laissa emmener sans résister...
En hâte, elle fut ligotée à un pieu fiché au milieu de la place du village... Des fagots, venus de toutes parts, furent rapidement entassés à ses pieds... Mais, au moment d'y bouter le feu... Personne n'osa s'avancer...Pas même l'apothicaire... Ce fut le moine, lui-même, qui l'alluma...
« Non, pleurait Amélie, Jeanne, non ! »
La voix de Jeanne s'éleva au milieu de la fumée et des flammes : « Amélie, ne pleure pas » dit Jeanne. « Mais vous... Vous tous... .Je vous maudis... Vous ne dormirez plus tranquillement une seule nuit !... Car un soir de pleine lune, je reviendrai prendre vos filles !... Toutes ! » furent ses dernières paroles...
Quand les flammes s'éteignirent, Amélie était toujours agenouillée ... ses joues baignées de larmes.... Le moine, lui, avait disparu... Un vent glacial se leva d'un coup balayant les cendres... Seule restait l'odeur acre de la fumée... Sans un mot, les villageois, terrorisés, regagnèrent leurs maisons... La nuit venait de tomber...
Une première nuit d'angoisse....
Depuis, à chaque lune pleine, les villageois se barricadent, enfermant leurs filles, à double tour, dans leurs chambres dont ils ont cloué les volets... Ils restent là... Attendant l'aube... Espérant que cette fois encore, ils échappent à la Malédiction.
Mais, ce soir est plus étrange encore... La brume a doucement envahi le village, se faufilant partout... Lentement, venue de nulle part, elle s'est infiltrée jusque dans les maisons... Une brume étrange où se mêle la lueur blafarde de la lune pleine...
Derrière chaque porte, l'angoisse est plus forte encore que d'habitude... Ils ont compris... Ils savent que ce soir, Jeanne va revenir prendre leurs filles...
« Qu'elle vienne, nous saurons la recevoir » se vante l'apothicaire. Il faut dire que, pour protéger sa fille, il a engagé, à prix d'or, et armé quatre routiers passant par là.
Dans les humbles maisons, les pères, armés d'une faux, d'une hache ou d'une fourche se tiennent debout face à la porte close... Dans un coin de la pièce, les aïeules égrènent leurs chapelets... Tandis que les mères attisent à coups de soufflet le feu dans l'âtre... Mais, elles ont beau s'escrimer à souffler, seules quelques timides flammèches vacillent noyées dans une acre et épaisse fumée qui ne s'élève pas... Comme si la cheminée était obstruée... Les gorges piquent... Les yeux pleurent...
« Il faut ouvrir les fenêtres ! » « Non ! Pas maintenant, pas cette nuit... Nos filles ! » s'inquiètent les mères
Les hommes ont envoyé les femmes auprès des filles... Ouvrent portes et fenêtres puis grimpent sur les toits pour déboucher ces satanées cheminées ! Quand un cri de terreur retentit !
« Des rats ! » Dans les chambres des filles, les rats grouillent dans les lits ! « Les rats sont de retour ! Les bêtes du diable ! Ils amènent la peste ! » -Oui, ces rats qui pendant des décennies furent accusés de tous le maux, pilleurs de grenier, semeurs de peste-
« Au feu ! Jetons -les au feu ! »
Un brasier est, aussitôt, allumé sur la place et les pauvres bêtes y sont jetées par brassées ! Hommes, femmes, enfants, tous sont occupés à cette horrible besogne... Personne n'a remarqué l'absence des filles... Seule, Amélie, belle jeune fille de 16 ans, réveillée par le bruit et les cris, les a rejoint ... Quand, une mère s'écrie : « Où sont nos filles ? » A ce cri, les villageois se ruent dans les maisons... Las, les chambres sont vides... Leurs filles ont disparu... La Malédiction... La Malédiction est accomplie...
L'aube se lève sur un village en pleurs...Soudain, un cri horrible vrille les âmes...Un cri de bête blessée... C'est la femme de l'apothicaire... au milieu des cendres... là où l'on a jeté les rats...elle a reconnu sa fille... toutes les filles du village sont là... Seule, Amélie a échappé au massacre...
Une par une, les familles, brisées de douleur, ont abandonné ce village maudit... Le temps et la nature ont effacé l'endroit des mémoires... Seul, non loin de la ferme de la Marlagne, au détour d'un chemin creux, demeure un pont qui ne mène nulle part... Je l'ai vu... enfant... en me promenant avec mon arrière grand-mère... Amélie.



(13 mars 2006)
Afin de relier mes contes et mon personnage viking, je rattache chaque conte à une rune ici la rune Nyd (rune de prophétie)
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# Posté le jeudi 22 février 2007 19:19

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 17:35

L'épée de la Paix...

L'épée de la Paix...
L'épée de la Paix


Au nord des terres du Nord, se trouvait, autrefois, un vaste royaume dirigé par le roi Gunnalf, aimé et respecté de tous.
La paix y régnait depuis des années... Personne n'osait attaquer le royaume car on le savait protégé par les fées.
L'épée que le roi portait à son côté en était le symbole. On disait qu'elle avait été forgée dans les collines creuses par les plus habiles nains forgerons du monde de Féerie.
Venue des abysses du temps, elle se transmettait de père en fils depuis des générations. Et Gunnalf l'avait portée à son côté comme son père et le père de son père et tous ses ancêtres avant lui.... Une longue lignée de fils de roi...
Mais cette fois, la lignée allait s'arrêter, car le vieux roi sentait la vie l'abandonner et son seul et unique enfant était une fille... Dalla, une petite sauvageonne encore trop jeune à marier...
A la mort du roi, quelques chefs de clan, présents lors des funérailles, tentèrent, en vain, de s'emparer de l'épée et par la même du pouvoir. Mais l'épée resta introuvable... Elle avait disparu!
Plusieurs années s'étaient écoulées depuis la mort du roi. Le pays, divisé par les guerres entre clans, dépérissait. Le peuple avait faim et les épidémies ravageaient villes et campagne.
La princesse Dalla avait grandi. Son esprit et son corps s'étaient fortifiés. Elle alliait l'intelligence à la volonté.
Une nuit, elle fit un rêve étrange. Elle vit son père, tenant son épée, en son fourreau, posée sur ses deux mains ouvertes... " Dalla, va ma fille, va... l'épée t'appelle... Il est temps... Notre royaume a besoin de toi pour survivre... Va... Va vers la brume!"
Au c½ur même de la nuit, elle se leva, se vêtit, sella son cheval et, sans hésiter, se dirigea vers les marais.
Traverser les marais était déjà difficile le jour et pourtant la jument avança, droit devant elle, sans le moindre écart.
Soudain, l'animal s'arrêta et se mit à trembler... la brume les avaient engloutis... Talonnant son cheval, Dalla tenta de reprendre sa marche, mais la jument refusait d'avancer.
La jeune fille mit pied à terre. Au moment même, une lueur déchira le voile de brume. Elle se dirigea, à pied, droit vers cette lueur. Quand se dressèrent, face à elle, un antique dolmen sur lequel se tenaient, debout, sept vieillards, vêtus de longues robes dont la blancheur semblait illuminer la nuit...
"Te voici enfin, Dalla, fille de Gunnalf... Te voici enfin prête à prendre sa suite... Prête à sauver TON royaume... Prête à porter l'Epée... La voici... Tends tes mains ouvertes!"
L'épée sortit soudain de dessous la terre pour venir se poser sur les mains tendues de Dalla.
"Va maintenant... Va sauver ton royaume... Mais, avant, saches que cette épée ne doit jamais être utilisée sous la colère et ne doit jamais frapper un seul ennemi! Si ce jour venait, l'Epée se briserait et replongerait dans les entrailles de la terre d'où elle vient... Dresse cette épée, bien haut, et les anciens t'aideront!"
Dalla était tellement absorbée par la contemplation de l'Epée qu'elle ne remarqua même pas le départ des vieillards.
Elle restait là... l'Epée dans les mains.
C'est sa jument qui, la bousculant du museau, la sortit de sa rêverie.
"Viens, dit-elle à l'animal, j'ai mon royaume à sauver!"
Le jour n'était pas encore levé lorsqu'elle regagna son château, mais tous les habitants en étaient déjà réveillés.
Les guetteurs avaient annoncé l'arrivée d'une troupe de guerriers... l'armée de l'un de ces chefs de guerre, ambitieux et belliqueux.
Partout dans le château et le bourg, les gens s'apprêtaient soit à fuir, soit à se terrer, espérant échapper au massacre qui ne pouvait qu'arriver dans ce royaume sans roi, quand, Dalla apparut sur le chemin de ronde, dominant la cour.
"Moi, Dalla, fille de Gunnalf, petite fille d'Erik le sage, je suis votre Reine! Et je vous promets protection, paix et justice! Demeurez à mes côtés! Par l'Epée de mon père et des pères de mes pères!"
Les villageois et les habitants du château hésitèrent, car les ennemis n'étaitent plus qu'à une lieue du château...
Quand, Godfrid, le vieux forgeron du château, s'écria: " Elle dit vrai! Regardez à son côté, elle ceint l'Epée de ses ancêtres!"
Tous les hommes d'armes se mirent alors à pousser des cris de joie!
Pendant de temps, l'armée ennemie était arrivée au pied de l'enceinte, plus nombreux encore qu'il n'y semblait...
L'un d'eux s'avança: " Moi, Rollon, je réclame la place qui me revient! Celle de Roi!... C'est la place d'un chef courageux et fort, pas celle d'une femme peureuse et faible!... Rends-toi et tu seras épargnée... Je pourrais même, peut-être, te prendre pour femme!... Sinon, mes hommes et moi tueront et massacreront tout ce qui vit en ce lieu!... Et alors, femme, te rends tu?"
"Jamais, cria Dalla, jamais un barbare inculte et sanguinaire ne siègera à la place de mon père!"
"Tu l'auras voulu!" Et poussant un horrible cri de haine, il talonna sa monture et s'élança suivit de ses hommes, à l'assaut des murailles!
Dalla, elle, calmement, sortit l'épée de son fourreau et la dressa au -dessus de sa tête... Puis tendant les bras, écartés, vers le ciel, elle cria: "Par l'Epée de mon père et du père de mon père et des pères de mes pères, moi, Dalla, je suis et resterai Reine de ce royaume!"
L'Epée quitta la main de dalla et vint se placer juste au-dessus de sa tête. Le métal se mit à briller et un sifflement aigu se fit entendre... A la vue de ce phénomène, les guerriers ennemis s'arrêtèrent et mirent genou à terre car tous avaient reconnus l'Epée;
Leur Chef s'avança et cria: "Dalla, digne fille de Gunnalf, petite fille d'Erik le sage, nous te reconnaissons pour Reine et te jurons loyauté et fidélité. Par nos bouches, le royaume entier connaîtra ta valeur et ton courage. Pour notre Reine... Viva! Viva! Viva!"
Une nuit, Dalla, vit de nouveau son père apparaître en songe... "Dalla, ma fille, toi, tu as compris le pouvoir de la paix... Mais, dans ce monde, peu d'êtres peuvent le comprendre... Les fées ont, donc, décidé de soustraire notre royaume au regard du monde. La brume sera votre protection... Si dans l'avenir, la haine et la guerre venaient à disparaître, le royaume redeviendrait enfin visible aux yeux de tous! Garde cette Epée, ma fille, et sois en digne!"
Dalla vécu de nombreuses années à la tête du royaume. Sentant, à son tour, la vie la quitter, elle transmit l'Epée à... sa fille Freya... fille de Dalla, petite fille de Gunnalf, arrière petite fille d'Erik le sage, Reine d'un royaume invisible au nord des Terres du Nord...

(12/08/2006)
Celui là, je l'aime beaucoup!

# Posté le vendredi 23 février 2007 09:26

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 17:37

Des ronds dans l'herbe

Des ronds dans l'herbe
Des ronds dans l'herbe...

Il y a longtemps... Très, très, très longtemps...vivait au pays de Féerie, une fée nommée Floxia.
Au teint de rose, aux beaux yeux bleus et aux long cheveux blonds...
De nombreux elfes, lutins et autres habitants mâles du Royaume l'avaient sollicitée en mariage, mais elle les avait toujours refusés poliment.
Or, un soir, (c'était un soir de St Jean) elle s'était aventurée imprudemment dans le monde des humains. Vous savez, en un de ces endroits magiques où les 2 mondes quelques fois se mélangent... elle s'était mêlée à la joie et aux festivités du solstice. Comme toutes les fées, elle dansait divinement, bien sûr! Et tous les garçons se pressaient à la faire virevolter au milieu des danseurs... ce qui ne manqua pas de générer quelque jalousie... Surtout lorsque Bertrand, le plus beau garçon et le meilleur parti du village, se déclara son cavalier exclusif!
"Qui c'est celle la?" " Tu la connaît toi?" " D'où qu'elle vient," "Elle m'a un drôle d'air... Serait-i point une sorcière?" "C'est qu'c'est St Jean... Fée et Sorcières sont d'sorties!"...
Floxia, ignorante des médisances dont elle était l'objet, dansait... perdue dans les yeux de son beau cavalier. Il lui faisait tourner la tête et le c½ur... Et lui aussi, n'avait plus d'yeux que pour elle!
Soudain, un malaise étrange la saisit... Elle ressentait la haine envahir l'assemblée... Se penchant à l'oreille de Bertrand, elle chuchota: "Je vais devoir te quitter, bel amour, mais sache que jamais je n'oublierai cette nuit de St Jean... Chaque année, quand je danserai, c'est pour toi que je le ferai!" Elle déposa sur ses lèvres un baiser aussi léger qu'un battement d'ailes de papillon puis disparu... seul demeura au creux de l'herbe humide un cercle de petits champignons. (Car comme chacun le sait, les fées dansent toujours au centre d'un cercle de champignons qu'on appelle d'ailleurs "Rond de fées" ou "Rond de sorcière")...
Bertrand comprit que celle qui avait emporté son c½ur était une habitante du royaume de Féerie!
Jamais plus Floxia ne retrouva le chemin qui la ramenait à son bel amour... la haine et la jalousie des filles du village en avait fermé le passage à tout jamais...
Bertrand, quand à lui, ne prit jamais femme... Il continua, chaque soir de St Jean, d'attendre, en vain, sa belle sur le pré où ils avaient dansé... S'endormant au pied du chêne, à l'endroit même où elle l'avait embrassé... Et... lorsque au petit matin, il s'éveillait... il découvrait, à chaque fois, dans l'herbe humide de rosée, un cercle de petits champignons...



(26-07-06)

Ecrit, pendant la période où j'étais monitrice à la Plaine de Vacances de Jemeppe sur sambre pour les 10-11 filles dont je m'occupais...
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# Posté le vendredi 23 février 2007 10:03

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 17:38

Pour les plus petits... L'histoire de Chasse-bobos, ma toute petite marionnette...

Pour les plus petits... L'histoire de Chasse-bobos, ma toute petite marionnette...
La petite fée "Sybil"
Ou la véritable histoire de "Chasse-bobos!"

A cette époque, le petit peuple de Féerie était en effervescence, Dame Brunelune, une fée de haute lignée, allait donner le jour à son premier enfant!
"Ce sera une fille, vous la nommerez Sybil" avait annoncé Maître Lukas, le devin. "Elle naîtra aussi belle et douce que sa mère et aussi grande et forte que son père! ... Mais..." . Ses derniers mots se perdirent dans le brouhaha des félicitations de l'assemblée.
L'époux de Dame Brunelune, Arkel, en effet, était un solide gaillard qui l'avait sauvée des chasseurs et des crocs de leurs chiens alors qu'elle gambadait dans la forêt sacrée sous la forme d'une blanche biche... Lui-même fils d'Elfe et d'une humaine, il l'avait accompagnée en Féerie afin de l'épouser, au grand dam du Mage Sirius qui espérait de longue date prendre Dame Brunelune pour femme malgré leur énorme différence d'âge!
Sirius vieil homme aigri et méchant ruminait sa vengeance dans sombre castel...
Tout le royaume attendait la naissance de l'enfant, car les présages bénéfiques avaient rarement étés aussi nombreux...
Lorsque l'enfant vint au monde, elle était telle que Maître Lukas l'avait annoncé... Aussi belle et douce que sa mère et aussi grande et forte que son père!... Tous se pressèrent afin de lui offrir quelque don magique : une sirène venue d'au-delà des mers lui donna la douceur de la brise marine; un lutin lui apporta la fraîcheur de la rosée, un elfe lui offrit le courage du loup...
Soudain, les murs et le sol se mirent à trembler... La porte s'ouvrit dans un fracas épouvantable et, entouré d'une armée d'êtres monstrueux plus effrayants les uns que les autres, le Mage Sirius apparu.
Il s'avança vers le berceau de l'enfant... Puis se tourna vers les parents : "La voilà donc cette enfant dont tout le monde parle!... Celle dont l'on dit qu'elle a la beauté et la douceur de sa mère et la grandeur et la force de son père... Hahahaha! ...La grandeur et la force de son père... elle ne les gardera plus longtemps!" Puis, se penchant sur le berceau, il déposa sur le front de l'enfant une pierre étrange qui se révéla être un ½il de dragon pétrifié... Il prononça alors une incantation... Et lorsqu'il s'écarta enfin du berceau, il ne restait plus, au milieu des draps qu'un bébé minuscule... Bien vivant mais à peine plus grand qu'une boîte d'allumettes!
Dame Brunelune eût beau essayer toutes les formules magiques et les incantations du grand grimoire, rien n'y fit!... Leur enfant resta petite... si petite...
Tout le monde en la voyant disait: " Elle est aussi belle et douce que sa mère... mais elle est si petite... si petite..."
Tant et si bien qu'on ne l'appela bientôt plus que la petite fée "Sipetite"!
"Sipetite" grandit (enfin si l'on peut dire) un peu... un tout petit peu.... Elle était, à présent, aussi grande... qu'une tasse de thé!
Un jour, alors qu'elle s'amusait avec un papillon, elle se retrouva dans le potager du château. Soudain, elle entendit quelqu'un pleurer à chaudes larmes... Ecartant une feuille de radis et un coin de salade, elle vit une toute petite souris qui sanglotait...
"Mon dieu que cette souris est petite! Se dit-elle " Encore plus petite que moi! Qu'as-tu donc petite souris" demanda "Sipetite"
"Je suis tombée du nid! Celui qui pend là-bas dans les taillis" répondit la souris " Et je me suis tordu la patte et éraflé le bout du nez!"
"Si ma mère, la fée Brunelune, était ici, dit Sipetite, d'une formule magique elle te guérirait et te remettrai immédiatement dans ton nid! Mais moi, je suis si petite... Je ne peux que te donner un bisou sur ta patte et ton nez égratigné, pour te consoler, et tenter en me servant de mes petites ailes de te remonter dans le nid familial..."
Aussitôt dit, aussitôt fait!
La souricette arrivée dans son nid s'écria " mais je n'ai plus mal du tout! Ni à la patte, ni le bout de mon nez! Merci, petite fée! Tu est aussi belle et douce que ta maman, mais en plus, tu es une grande fée guérisseuse!"
A dater de ce jour, tous les éclopés de la région affluèrent... Oisillons blessés par un chat, souris coincées dans un piège, lièvre blessé par un chasseur, pic-vert maladroit, même un lion qui s'était mordu la langue en baillant! Mais aussi les habitants de Féerie piqués, griffés, éraflés ou même mordus!
Tant et tant de monde guéris par les bisous magiques de la petite fée que jamais plus personne ne l'appela plus "Sipetite"... mais... "Chasse-bobos" la petite fée aux bisous magiques!

Françoise Honnay/Dame Mèlîye (28/7/2006)
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# Posté le dimanche 25 février 2007 16:56

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 17:39

L'or de dessous la terre.

L'or de dessous la terre.
L'or de dessous la terre.
Cette année là était une année de grande disette. L'hiver avait été long et rude, le printemps froid et pluvieux et le soleil d'été avait achevé de griller les épis malingres.
Dans les granges et les greniers, une invasion de souris et de mulots avait eu raison des maigres récoltes, et dans le moulin de Maître Pierre, on n'entendait que la triste chanson des meules qui ne broyaient plus que de la poussière...
Les villageois, maigres et tristes, se traînaient faiblement jusqu'à la lisière de la forêt, espérant trouver quelques baies ou l'un ou l'autre champignon à se mettre sous la dent.
Simon, le bûcheron, avait, afin de nourrir sa nombreuse famille, posé ça et là quelques collets dans les bosquets. Mais les animaux de la forêt semblaient avoir quitté la région, chassés par la famine.
Or, ce matin là, après avoir, en vain, fait le tour de ses pièges, Simon s'apprêtait à regagner tristement son logis, quand un mouvement, dans les buissons, attira son attention.
Il se rappela avoir déposé un collet, là, au milieu des branchages épineux. Le buisson tressaillait sous les soubresauts de l'animal prisonnier. "Enfin une prise!" se dit-il " Un lièvre ou du moins un lapin de belle taille... Mes enfants, ce soir, se coucheront, enfin, le ventre plein!" Rêvant au délicieux civet que sa femme allait pouvoir préparer, Simon écarta les branchages afin de saisir l'animal... Mais ses doigts, au lieu de rencontrer la fourrure espérée, se refermèrent sur ce qui semblait être un morceau de drap... Simon venait d'empoigner un petit bonnet de laine verte.
Ecartant les branchages, il vit un lutin en colère tenter de dégager son pied droit prit dans le collet.
"Par ma barbe, vas-tu, enfin, me sortir de cette fâcheuse posture ?"
Surpris, Simon, chancela et se retrouva assis sur le tapis de feuilles mortes.
"Ah bravo!" S'écria le lutin " Je suis tombé sur l'idiot du village! C'est bien ma chance! Oui ou non, vas-tu m'aider à me libérer??? Cela fait des lustres que je me débats et ce maudit fil se resserre de plus en plus autour de ma cheville.
Remis de sa surprise, Simon rétorqua: "Qu'y gagnerais-je si je t'aides ?"
"Libère-moi d'abord!" grogna le lutin. "Nenni! Reprit Simon "Si je te libère, tu te sauveras et moi je resterai là, marri..."
"Voilà, donc, bien l'âme humaine... qui ne fait rien pour rien!!" répondit le lutin.
"Ce n'est point pour moi mais pour mes enfants" continua Simon "Quel déchirement, au lien de leurs rires et de leurs jeux de ne plus entendre que pleurs et gémissements. Le petit dernier est si faible qu'il ne quitte plus sa couche...L'hiver sera bientôt de retour et je ne sais combien d'entre eux reverront le printemps..."
"Soit, si tu me libères, je te donnerai de quoi nourrir tes enfants" déclara le lutin.
" De toute façon, reprit Simon, je t'aurais libéré! Qu'aurais-je gagné à te laisser prisonnier"
Sortant son couteau, il trancha le fil enserrant la cheville du lutin... Celui-ci, aussitôt, bondit sur une souche, s'épousseta et remit son bonnet. "Ah! Enfin libre... tu as tenu ta promesse, homme, je tiendrai, donc, la mienne. Suis-moi!"
Et Simon s'enfonça dans les buissons à la suite du lutin. Il se retrouva face à une grotte qu'il n'avait jamais vue... Le lutin lui fit signe d'entrer... S'enfonçant dans les entrailles de la colline, Simon, s'étonna de voir que les parois de roche dégageaient une étrange lueur verdâtre. Cette lumière illuminait la grotte entière. Simon se retrouva dans une sorte de salle voûtée au centre de laquelle trônait un coffre en chêne bardé de métal et couvert d'inscriptions. Le lutin s'approcha du coffre et l'ouvrit...
De l'or... Le coffre était rempli de centaines ... ou plutôt de milliers de pièces d'or! Le lutin prit trois pièces qu'il déposa dans une bourse en cuir qu'il tendit à Simon.

"Prends ces trois pièces, et rentre chez toi... A la lueur de la lune, enfouis les sous la terre... Et plus jamais les tiens n'auront faim! La première pièce te donnera un jeune porc que tu engraisseras avec les épis de maïs que te donnera la deuxième... Quand à la troisième, elle t'assurera des récoltes de blé pour remplir les ventres de tes enfants et des enfants de tes enfants! Mais attention, garde-toi d'exposer ces pièces à la lumière du jour car le charme sera rompu! Va maintenant!" Et, sans se retourner, le lutin s'enfonça dans les profondeurs de la caverne.
Simon fit comme le lutin lui avait dit. A la lumière de la lune pleine, il enterra la première pièce au milieu d'un enclos... la seconde, à l'avant de la maison et la troisième, à l'arrière. Puis il alla se coucher.
A l'aube, il fut réveillé par des grognements. Dans l'enclos, là, où il avait enfoui la première pièce, un jeune porc fouillait la terre de son groin.
Il ouvrit, en grand, la porte de sa maison et, face à lui, s'étendait un champ de maïs aux épis lourds et dorés. A l'arrière, un vaste champ de blé, prêt à être moissonné, ondulait dans la brume matinale.
Et Simon, aidés de ses enfants, moissonna toute la journée engrangeant une dizaine de sacs de blé mur.
Au matin, il se leva pour emmener sa récolte au moulin. Et, déjà, dans le champ de blé moissonné la veille, une nouvelle récolte levait... Le porc, lui aussi déjà, bien gros et bien gras, venait de mettre bas une douzaine de porcelets. Le lutin n'avait pas menti, sa famille, était à l'abri de la famine.
Simon chargea sa mule et se présenta au moulin de Maître Pierre.
"Mais, où donc avais-tu caché ce blé ?" demanda le meunier
"Il est fraîchement moissonné... Mes fils et moi avons travaillé, hier, tout le jour durant!" répondit Simon.
"Par quelle diablerie ?" Reprit Maître Pierre. " Ta femme est donc sorcière ou as-tu pactisé avec le malin ?"
"Rien de tout cela... chuchota Simon... J'ai pris un lutin de dessous la colline dans un de mes collets"... Et Simon de raconter son histoire...
Maître Pierre, gagné par la jalousie et l'envie, lui fit avouer, par ruse, où se trouvait l'entrée de la grotte.
Sitôt Simon partit, le meunier sella son cheval, prit son manteau, un grand sac de toile et s'enfonça dans la forêt.
Grâce aux indications que Simon avait laissé échapper, il trouva aisément l'entrée de la grotte. Arrivé devant le coffre, il l'ouvrit et les milliers de pièces d'or se mirent à briller dans l'étrange lueur diffusée par les parois de la caverne.
"Quel idiot ce bûcheron! pensa maître Pierre, se contenter de trois pièces alors qu'un coffre entier attend d'être vidé!!!" Il emplit son sac, le chargea sur son épaule et sortit dans la lumière du zénith. Plus il avançait hors du couvert des arbres, moins le sac lui pesait. "La richesse me donne force et santé" pensait-il....
Arrivé en sa demeure, il fit venir femme et enfants. "Femme et vous mes fils... Dans ce sac se trouve notre avenir..." Il ouvrit le sac en grand, pensant offrir à la vue de sa femme, la beauté scintillante de l'or.
Las, le sac ne contenait qu'un tas de feuilles d'arbres, de belles feuilles dorées, brunes et rousses.
La prédiction du lutin était accomplie....
Qu'advint-il du meunier ?... On dit qu'il erra des années dans la forêt à la recherche de son or... On raconte même que certains soirs de grand vent, on l'entend se plaindre derrière les arbres...
Simon, quant à lui, coula une paisible vie de moissonneur... et jamais sa famille ne connut la faim...
Certains trésors ont plus de valeur si on les laisse enterrés...car la monnaie féerique se change souvent en feuilles d'arbres à la lumière du soleil...
Quant à vous, chaque fois que vous oublierez la différence entre ce que vous possédez et ce qui vous possède, repensez à cette histoire de l'or de dessous la terre...


Dame Mèlîye / Françoise Honnay (29/09/06)
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# Posté le dimanche 25 février 2007 17:09

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 17:39