Le Passage

Le Passage
Le Passage.

On raconte qu'il existe de nombreuses portes entre le monde de Féerie et le monde des hommes mais elles sont, toutes, très difficiles à trouver... Sauf les années bissextiles et les jours de "rencontre", où toutes les portes sont ouvertes!
Ces jours-là, on ne sait jamais quand on ouvre une porte, si l'on trouvera derrière la pièce de la maison où l'on voulait entrer ou bien l'un de ces couloirs souterrains qui mènent au monde des Fées!
Il arrive ainsi quelques fois que des humains errent des années, de temps terrestre, dans ces couloirs sans fin parce qu'ils n'ont pas trouvé "la" bonne porte.
A quoi, me direz-vous, sait-on que l'on ne s'est pas trompé? C'est simple, si vous ouvrez la bonne porte... vous serez derrière!
Vous me direz que c'est impossible, qu'on ne peut être à la fois devant et derrière la porte...
Mais si c'est possible.
Je vais vous conter l'histoire de ce jouvenceau, à peine sorti de l'enfance qui, par mégarde ouvrit une porte un soir de solstice...
Il se nommait Jehan et était apprenti écuyer. Or, ce soir-là, on l'envoya quérir l'épée que le seigneur avait oubliée en sa chambre.
Quand Jehan poussa la porte, au lieu de la chambre chaude et confortable du chevalier, il se retrouva dans un souterrain sombre et humide, faiblement éclairé par la lumière vacillante de quelques torches...
Quand ses yeux furent habitués à la pénombre, il distingua la silhouette d'un jeune garçon accroupi, adossé à la paroi et qui semblait endormi.
A peine, Jehan eut-il fait un pas que celui-ci leva la tête. De surprise, Jehan lâcha le flambeau dont il s'était emparé et qui roula sur le sol pour venir s'arrêter au pied de l'étrange enfant. Jehan se figea. Car c'était son visage que Jehan contemplait! Ses propres yeux, sa propre bouche, ses cheveux mêmes... Comme s'il se reflétait dans un miroir!
La surprise était telle que Jehan en avait perdu l'usage de la parole... "L'Autre" comme il l'avait nommé en pensée, le regardait fixement...
Jehan leva un sourcil... L'Autre fit de même... Jehan ferma un ½il... l'Autre l'imita aussitôt... S'enhardissant, Jehan leva un bas... L'Autre ne bougea point... Jehan, étonné, leva l'autre bras... L'Autre ne bougea toujours pas.... Puis Jehan se tint sur un pied... Rien... L'Autre le contemplait, simplement, avec, juste, un petit sourire moqueur...
"Ça alors!" s'écria Jehan.
"Ça alors!" répéta l'Autre...
"Te moquerais tu ?" reprit Jehan...
"Oui., répondit l'Autre... Tu es trop drôle, ainsi, debout sur un pied ave les bras en l'air!"
"Qui es-tu ? " demanda Jehan...
"Tu le vois... Je suis toi... répondit l'Autre... Ou plutôt j'étais toi!"
"Je ne comprends rien à cette histoire" dit Jehan
"C'est pourtant simple... répondit l'autre... Je faisais parte de toi avant!"
"Avant quoi ?" demanda Jehan
"Avant que tu grandisses, pardi! Je me nomme Janou, de ce doux prénom que te donnait ta grand-mère en te berçant... Je suis l'enfance que tu as abandonnée en grandissant... Il est ainsi de vous, les humains... Quand vous quittez l'enfance, une partie de vous se retrouve de l'autre coté de la porte!"
"Et tu vis ici, dans ce couloir sombre ?... s'inquiéta Jehan"
"Non, bien sûr, reprit Janou, je vis dans le monde de Féerie, avec les lutins, les fées et les elfes..."
"Comment se fait-il que tu sois ici, alors ?" reprit Jehan
"Je t'attendais" dit Janou
"Tu m'attendais! "S'exclama Jehan, "mais pourquoi? Comment ?"
"Vous êtes assommants, vous, les grand, de toujours tout vouloir comprendre! " bougonna Janou "Je savais, simplement, qu'aujourd'hui tu ouvrirais une porte... j'espérais, seulement, que ce serait la bonne... heureusement pour toi, tu ne t'es pas trompé! Tu as eu de la chance! D'autres errent dans les couloirs du temps jusqu'au moment où ils ouvrent la bonne porte! Mais, assez bavardé, il t'attend, suis-moi"
"Où allons nous? " demanda Jehan
"Là où l'on doit aller" fut la réponse de Janou...

Ils s'enfoncèrent dans les entrailles de la terre et bizarrement, au lieu de plonger de plus en plus dans l'obscurité, ils s'avançaient vers une lumière douce et chaude...
Les deux compagnons débouchèrent dans une clairière... Là, au pied d'un énorme chêne, était assis un vieillard si vieux et ridé qu'on l'eut dit sculpté dans l'écorce de l'arbre lui-même.
"Jehan" dit-il d'une voix étonnement forte pour un si vieil homme " Si tu as ouvert cette porte, c'est que tu te sens prêt à devenir un homme... l'es-tu ?"
"Oui" répondit clairement Jehan
"Qu'il en soit donc ainsi!" reprit le vieillard "Mais saches qu'avant, il te faudra résoudre une énigme... Es-tu prêt ?"
"Oui " acquiesçât, encore une fois, Jehan
"La voici: Je suis toi mais je ne vis... Je te suis mais je ne suis... Je suis petite au zénith... Et m'enfuit en la nuit... Qui suis-je ?"
Jehan réfléchit quelque peu puis dit: "Mon ombre!... Il s'agit de mon ombre qui est moi mais n'est pas vivante, qui me suit mais n'est pas, elle est petite sous le soleil de midi et disparaît au c½ur de la nuit!"
"Tu es donc prêt, Jehan! Va maintenant, suis ce chemin qui te ramènera de l'autre côté de la porte! Va!" dit le vieillard puis il disparu.
Jehan se retourna pour chercher Janou, mais l'enfant était retourné vivre au pays de Féerie.
Jehan s'engagea sur le chemin que lui avait indiqué le vieillard... Et il se retrouva dans la chambre du château. Il empoigna l'épée qu'il était venu chercher quand il aperçu son reflet dans le métal de la lame. Il se reconnut à peine dans ce jeune homme grand et fort! Le vieillard n'avait pas menti... Il était devenu un homme!
Certains d'entre vous ont déjà trouvé "leur" porte, même s'ils n'en gardent pas le souvenir. D'autres la trouveront un jour ou l'autre...
Et moi, me direz-vous, l'ai-je trouvée? Non.
Car il en est ainsi des baladins, musiciens, conteurs et autres rêveurs qui ne sortent jamais tout à fait de l'enfance...


15/10/2006
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# Posté le dimanche 25 février 2007 17:13

Modifié le samedi 16 février 2008 14:07

"Le Château"

"Le Château"
"Le Château"

que dire... tant de choses mais peu à la fois... car c'est un lieu, créé par Messire Sombreval, à découvrir plus qu'à raconter!
On y rencontre des humains, des elfes, des nains et d'autres choses indéfinissables... Mais tout ce petit monde s'entremêle (honorablement) pour former une bonne bande de copains toujours prèts à tendre la main... Bref... on s'y sent bien!
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# Posté le lundi 26 février 2007 04:33

Modifié le samedi 16 février 2008 14:07

La Mère des arbres

La Mère des arbres
La Mère des arbres.

Il y a longtemps... Très, très longtemps... Tout au Nord des terres, s'étendaient de grandes étendues arides et sèches. Seules, par ci, par là, se dressaient quelques touffes d'herbes courtes et brûlées par le vent glacial soufflant du Nord.
Hors, ce jour là, un cri étrange déchira le silence de la lande, habituellement seulement troublé par le sifflement du vent.
Quel animal égaré pouvait pousser ces cris épouvantables?
C'était un bébé... Un jeune d'homme arrivé là on ne sait comment... il était là, couché, au milieu de ses langes, à hurler comme un jeune loup! Que faisait-il perdu au milieu de nulle part, à la merci du brûlant soleil de midi, des pluies froides descendues des glaces du Nord et du vent glacial de la nuit, sans rien pour l'abriter?
Les habitants de dessous la terre cherchaient une solution afin de protéger cet enfant, mais il était bien trop grand pour se faufiler dans les couloirs du monde souterrain et les premiers humains vivaient à mille lieues de là... Ils étaient tous là, lutins, nains et fées à chercher quelle formule magique ou incantation allait pouvoir apporter la solution à ce problème...
L'enfant, elle, car c'était une fille, continuait de pleurer... Rien ne semblait pouvoir la calmer, ni le lait de taupe que lui apportaient les lutaines, ni les grimaces et les cabrioles de Plume le lutin qui avait pourtant fait éclater e rire l'entourage de nombreux rois de par le monde!!
Quand, tout à coup, quelqu'un s'écria: "la terre!... Regardez notre Mère la terre!..." En effet, la terre, gorgée des larmes de l'enfant, se mettait à bourgeonner, à se soulever, se craqueler... pour laisser apparaître des dizaines de jeunes pousses qui se dressaient vers le ciel!
Et les frêles pousses se changèrent en rameaux puis en tronc, toujours plus grands et forts... leur écorce, soudain, sembla se couvrir de givre, comme on le voit, quelques fois, les matins d'hiver. "Ces jeunes arbres sont perdu" dit l'un... "Oui, le gel les a pris" renchérit un autre... Mais, au lieu de mourir, le bosquet sorti de terre continua de s'étoffer pour devenir un bois, puis une forêt entière! Bientôt, les branches se couvrirent de bourgeons, puis de feuilles vertes, argentées et luisantes
"Quels sont donc ces arbres étranges qui se couvrent de feuilles alors que l'hiver règne encore ?" s'écria le roi des lutins.
"On les nomme Bouleaux!" répondit une voix douce derrière eux;
Perchée sur les branches du plus grand des arbres, se tenait une jeune fille, à la peau aussi laiteuse que l'écorce des arbres et aux cheveux si blonds qu'on les eût dit faits de fils d'argent. Elle semblait ne faire qu'un avec la forêt...
Occupés, qu'ils étaient, à contempler les arbres pousser, ils en avaient oublié l'enfant, qui en avait profité pour grandir et devenir cette belle et étrange jeune fille. Car le temps ne s'écoule pas de la même façon qu'en notre monde au pays de Féerie.
"Je suis la Mère des arbres, la gardienne de la forêt! Je protègerai tout être au c½ur pur, poussé par la peur, qui cherchera refuge en ce lieu.. Mes amis, les bouleaux, les abriteront de leurs feuilles alors que les autres arbres de la forêt seront nus encore... tout enfant, couché dans un berceau fait de leur écorce blanche, sera protégé des frayeurs de la nuit. Et le chant du vent dans leurs feuilles apportera paix et sérénité à qui l'écoutera. Il en sera ainsi tant qu'il restera un bouleau sur la terre..."
Ses paroles, emportées par le vent, flottent encore de nos jours...
Et les bouleaux dressent encore leurs blanches silhouettes dans nos fortes, nos bosquets et même au c½ur des parcs de nos villes... Ils sont toujours les premiers à se couvrir de feuilles...
Et la Mère des arbres, me demanderez-vous? Elle est toujours là...
Vous pouvez même la rencontrer parfois... en ces grands-mères à la peau et aux cheveux blanchis par l'âge qui calment, tendrement, les pleurs d'un enfant effrayé...

4/1/2007
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# Posté le lundi 26 février 2007 04:41

Modifié le samedi 16 février 2008 14:08

Ombres et lumières

Ombres et lumières
Ombres et Lumière.

Il fut un temps où il n'y avait ni jour, ni nuit.
La sorcière de la nuit et l'Astre du jour, lui-même, se livraient une guerre sans merci... Chacun voulait le pouvoir sur les hommes.
La Sorcière voulait rêvait d'étendre, sur le monde, son sombre manteau.
Messire Soleil désirait illuminer le moindre recoin, traquer la plus petite parcelle d'ombre.
Il fut donc décidé qu'une grande bataille scellerait le sort de la terre... Le vainqueur la ferait basculer dans l'ombre ou la lumière.
Le jour dit, les deux armées se rangèrent face à face. Ils se tenaient là... S'affrontant du regard. Les troupes de la nuit, composées d'orques, spectres, démons et autres monstres des ténèbres et les troupes du Soleil avecles elfes, nains, licornes et hippogriffes trépignaient d'impatience.
La sorcière, toute de noir vêtue, juchée sur une jument noire, se tenait à l'ombre d'un rocher, sa longue chevelure couleur corbeau flottant dans le vent...
Messire Phoebus, avait revêtu son armure étincelante et ses cheveux d'or brillaient de mille feux.
La tension montait... La haine était palpable...
Quand, on vit s'avancer, au milieu du champ de bataille, un jeune enfant...
Dans les deux camps, des grognements de colère se firent entendre... Les humains n'avaient rien à faire là! "Que vient faire là, l'un de ces êtres fragiles et faibles qui ne connaît rien à la guerre ?" - A cette époque, les humains n'étaient pas encore initiés à l'art de la guerre et n'utilisaient pas encore leur imagination à perfectionner la manière de s'entretuer - D'une voix étrangement forte pour sa taille, l'enfant se mit à parler: " Pourquoi vous battre... Pourquoi vous entretuer par milliers, alors qu'il est si simple de prouver qui de vous deux a le plus de pouvoir!"
La sorcière Ténébra et Phoebus s'approchèrent de l'enfant... "Prouver notre pouvoir sans bataille? Et de quelle façon, s'il vous plaît ?"
"C'est simple, Noble Dame et Beau Seigneur, je puis vous soumettre à une épreuve ... Celui de vous deux qui la réussi, emporte la bataille!"
"Soit! Qu'il en soit ainsi!" Et les deux ennemis s'approchèrent du jeune garçon afin de se soumettre à l'épreuve.
"Voyez cette pierre que je tiens suspendue par un fil... Noble Dame de la Nuit, voyons si vous arrivez à la laisser totalement dans l'ombre." Ténébra eut beau étendre ses bras, sa cape, impossible, l'une des faces de la pierre demeurait toujours éclairée par les reflets de l'armure de l'Astre Solaire.
"Je constate, dit l'enfant, que vos efforts demeurent vain!" "J'ai donc gagné s'écrie Messire Soleil!" "Pas encore, Messire, reprit l'enfant, à votre tour, tentez d'illuminer cette pierre de façon à ce qu'aucune ombre ne se dessine sur le sol!"
"Facile, il suffit que je me place juste au-dessus et son ombre disparaîtra, " Or, la pierre était conique, si bien qu'il restât toujours une ombre sur le sol!
"Tu te moques de nous! Il est impossible de nous départager! Tout est à recommencer... Ce seront les armes qui décideront!"
"Seigneur Phoebus, Noble Dame de la Nuit, j'ai voulu vous prouver que vous êtes l'un et l'autre complémentaires. Pourquoi ne pas vous partager la terre... Vous, Messire, tout le jour durant, inonderez de vos rayons les plantes, les animaux et les hommes d'un côté. Vous, Noble Dame, règnerez en maître la nuit, sur l'autre moitié, lors du repos des animaux, des plantes et des hommes dont vous peuplerez les rêves!"
"Mais, dit la sorcière, ne verrais-je jamais les couleurs du jour ???" "Et moi, reprit le soleil, ne goûterais-je jamais la douceur de la nuit ? "
"Dame, pour tempérez la brûlante ardeur des rayons du soleil, je vous propose de quelques fois, voiler sa face l'un ou l'autre sombre nuage, et vous, messire, d'illuminer la nuit de milliers d'étoiles, perles de lumière au c½ur des ténèbres... Qu'en dites vous ?"
"Ce marché me semble équitable, dit la sorcière" "Il en sera donc ainsi, décida le soleil !"
Depuis ce jour, la vie des hommes s'écoule rythmée par la course des jours... Alternance d'ombre et de lumière...


(15/01/2007)
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# Posté le lundi 26 février 2007 15:59

Modifié le samedi 16 février 2008 14:08

Le disque d'or

Le disque d'or
Le disque d'or.
C'était un temps où brigands et malandrins régnaient en maîtres sur les chemins, rançonnant tous ceux qui avaient le malheur de croiser leur route. Ils délestaient les uns de leur bourse gorgée d'écus, d'autres de leur bétail ou leur récolte et les plus malheureux de leur vie même.
Or, ce jour-là, Jacquou, apprenti menuisier, traversait la forêt en portant sur le dos une table qu'il devait livrer en la maison du bailli.Il allait, courbé sous le poids de sa charge, quand, au détour d'un chemin, il se trouva face à un cavalier au visage marqué par de nombreux combats et au regard de fauve.
- Héla toi! Où donc penses-tu donc aller ainsi?
- Messire, répond Jacquou, je me rends de ce pas chez Messire le bailli afin de lui porter cette table qu'il m'a commandée et que j'ai réalisée de mes mains.
- Beau travail, ma foi! Mais que te voilà bien chargé ! Je vais, donc, pour alléger ton fardeau, te délester de ta bourse!
- Mon beau Messire, vous seriez déçu... Elle est bien plate!
- Comment? Un habile artisan comme toi travaillerais sans être payé?
- Que nenni! Reprit Jacquou
- Donc ... Lance moi cette bourse... ou je viens la prendre moi-même!
- Mais votre grandeur a peut-être omis un détail... Je vais livrer cette table... Si le bailli est satisfait de mon travail, il me donnera, c'est certain, deux beaux écus d'or! Dès lors, au retour, mon fardeau sera léger et ma bourse pleine... Laissez-moi donc aller... Je vous promets de repasser par ici et de vous donner l'or si vous me laissez sauf!
Après un moment de réflexion, le brigand accepta de le laisser partir.
- Je t'attends ici... Mais malheur à toi si tu me joues quelque tour! File!
Jacquou continua son chemin jusqu'à la maison du bailli tout en réfléchissant à la façon de se tirer d'un si mauvais pas...Mener les hommes du bailli au brigand afin qu'ils l'arrêtent? C'était une idée, mais l'homme était fort et bien armé... S'il réchappait, Jacquou ne donnait pas cher de sa peau! Changer de chemin ? Hélas, cette route était la seule à mener à son village. Non... Il ne lui restait qu'une solution... La ruse...
Le bailli était absent et Jacquou du l'attendre jusqu'à la tombée de la nuit. Bien lui en prit, car le bailli satisfait de son travail lui donna, non pas deux mais, trois écus d'or ! Trois écus d'or! De quoi assurer les repas à venir de sa mère et de ses frères, car, depuis la mort de son père, Jacquou, l'aîné de la famille, était le seul à ramener quelque argent.
- Non! Cet or n'irait pas dans la bourse du brigand!se promit Jacquou!
Il glissa les trois pièces tout au fond de ses chausses et, à la lueur de la lune pleine, il reprit le chemin qui le ramenait chez lui. Peut-être que le brigand, las de l'attendre, aurait repris sa route!
En s'engageant dans les bois, Jacquou aperçu le disque d'or de la lune se mirant dans les eaux noires d'un lac...
Quelques pas plus loin, le brigand l'attendait assis sur une grande pierre plate...
- Te voilà enfin! Tu as bien tardé! Je déteste attendre! Surtout lorsqu'un bon lit et quelques ribaudes m'attendent à l'auberge! Il ne me manque que tes deux écus d'or... Donne! Vite!
- Hélas, messire, répond Jacquou, Je ne les ai point!
- Comment? Le bailli ne t'aurait donc point payé pour ton ouvrage?
- Que si, Messire! Il a même rajouté aux deux écus un troisième tant il était satisfait !
- Trois écus! Fichtre! Me voilà donc riche! Qu'attends-tu pour me les donner?
- C'est que... Je ne les ai plus! Regardez vous-même! Ma bourse est plate!
- Par quel sortilège?
- Deux brigands, Messire, et de la pire espèce! Il m'ont surpris à l'orée de la forêt... J'ai eu beau leur dire que je vous avais promis cet or en échange de ma vie et qu'il vous appartenait... ils n'ont point voulu m'entendre! Le plus âgé des deux m'a même dit qu'il me prenait mon or et que vous n'auriez qu'à disposer de ma vie et que la loi du plus fort est toujours la meilleure!! Je leur ai donc dit combien vous étiez fort et...
- Qu'ont-ils répondu?
- Rien, Messire, ils s'en sont allés...
- Les lâches, les pleutres!
- Et je crois même que de vous ils se moquaient tout en chevauchant!
- Qu'on me les amène! Je leur ferai tâter de ma lame et leur enlèverai, à tout jamais, l'envie de rire! Bon, puisque je n'ai point ton or... Je dois, donc, prendre ta vie!
- Attendez, messire! Tout n'est point perdu! J'ai suivi les deux malandrins et j'ai pu voir où ils cachaient leur or!
- Où? Dis-moi vite! Avant que je t'étripe!
- Si vous m'étripez vous ne saurez jamais où il se cache! Et si je vousle montre, qui me dit que vous ne me tuerez point sur le champ. Je vous propose, donc, de lejouer aux dés... Celui de nous deux qui aura le plus grand nombre aura gagné...
- Te moquerais-tu?
- Que nenni, mon beau Messire! Si vous gagnez, vous emporterez l'or et j'aurai la vie sauve... Et si vous perdez, à moi la vie... et l'or!
- Et je te dévaliserai aussitôt, pensa le brigand! Soit! Je suis joueur, dit-il... Mais je veux lancer mes dés! Ils me porteront chance!
- Bien sûr, Messire répondit Jacquou d'un air malicieux, car il savait que les dés du brigand étaient truqués et que celui-ci ne pouvait que l'emporter!
Les dés roulèrent... Et, bien sûr, le brigand l'emporta...
- Conduis-moi à l'or, ordonna t'il!
Jacquou, l'entraîna, à travers les forêt vers le lac qu'il avait aperçu ...
- C'est là, Messire, voyez au fond de l'eau ce disque d'or ! Et comme il est de belle taille! Il doit peser 50 livres pour le moins!
- Le brigand était descendu de son cheval pour s'approcher des berges du lac... En effet un grand disque d'or, large d'au moins deux pieds, reposait au fond de l'eau !
- Tu as dis vrai! Je tiendrai parole... Sauvez-toi, vite! Et que je ne te revoie plus...
Jacquou obéi et disparu sans demander son reste!
Pendant ce temps, le cheval s'était mis à boire dans le lac... Au même moment, un nuage voila la face de la lune... Et, dans l'eau, le disque d'or disparu...
- Mon or! Sale bête! Tu as avalé mon or!Rends le moi! Rends-le moi, donc!
Effrayé par les cris de son maître, l'animal s'enfuit... Et, tirants on épée, le brigand se lança à sa poursuite, hurlant et gesticulant! Et l'on raconte qu'il court encore!...
Entre temps, le nuage s'était éloigné et la lune pu de nouveau refléter sa face dans les eaux du lac... Sa belle face ronde... Comme un disque d'or...

22/2/2007

# Posté le mardi 27 février 2007 04:36

Modifié le mercredi 19 mars 2008 14:53